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ITW : Shorty de Loxymore


Si on vous dit culture urbaine, musique antillaise et hip hop, à qui pensez-vous ?


Emmanuel aka Shorty s'épanouit en effet au sein de l'équipe Loxymore, le média dédié à la musique urbaine antillaise. Depuis plusieurs années maintenant, Loxymore s'est attelé à faire grandir la culture urbaine antillaise. On ne présente plus l'émission One Shot où les artistes peuvent proposer des freestyles. Différents artistes ont également été interviewés par Shorty, rappeurs, chanteurs, mais aussi producteurs, djs, ... Nous avons voulu en savoir plus sur Shorty, ses débuts et ses ambitions. Merci à lui, qui a bien voulu nous consacrer un peu de temps !


Mathilde Mouss : Peux-tu te présenter en quelques mots aux lecteurs d’Afrokarib ?

Shorty : Je suis Emmanuel Alias Shorty, un Guadeloupéen passionné des cultures hip hop et entrepreneur !


Mathilde Mouss : Comment ton intérêt pour la scène urbaine antillaise est née ?

Shorty : Je ne sais pas exactement à quel moment j’ai pu mettre un nom sur cette culture. Cependant, j’ai été pendant une période beaucoup plus à fond sur le rap français et je suis revenu au rap Kreyol en grandissant et en affirmant mon identité.


Mathilde Mouss : Peux-tu nous en dire plus sur ton enfance, où as-tu vécu ?

Shorty : J’ai grandi à Morne-à-l’eau, sans éducation musicale particulière mais il y a toujours eu des CD’s et K7 autour de moi, aussi bien de mon père que de ma grande soeur et ensuite j’ai consommé pas mal dans la limite de mes moyens ou des prêts des amis.


Mathilde Mouss : Quel a été ton parcours scolaire et professionnel ?

Shorty : J’ai fait un bac S, un Deug Math-Info à Fouillole, une licence info à Paris puis j’ai décidé d’arrêter cette mascarade lol et de trouver une formation dans le domaine qui m’intéresse et j’ai fait un Bachelor de chef de projet culturel.


Mathilde Mouss : Peux-tu nous raconter tes débuts dans l’aventure Loxymore ?

Shorty : Je suis un passionné de la culture rap, j’ai consommé énormément de magazine Rap, Groove, The Source etc ... et j’ai évidemment pris le tournant de la vidéo et donc commencé à consommer énormément d’interviews et de sites de rap Fr. En parallèle, le sujet des artistes Guadeloupéens m’intéressait et je trouvais que ce n’était pas assez documenté. Aidé par Julien Canourgues, sur l’aspect technique, j’ai décidé de créer mon blog et celui-ci a évolué jusqu’à la forme d’aujourd’hui !


En documentant tous ces talents, on arrivera à rayonner encore plus.

Mathilde Mouss : On parle souvent du manque de visibilité de la musique antillaise, notamment sur le plan national. Quelle est ta position là-dessous ?

Shorty : C’est un sujet très complexe, je pense que notre industrie musicale n’est pas assez structurée ni développée mais il y a de grandes avancées à ce niveau et je suis assez optimiste ! Nous avons des représentants au coeur de la scène « nationale » avec des chanteurs comme Kalash, Meryl mais aussi avec pas mal de producteurs, des réalisateurs vidéo, j’ai récemment rencontré Oceane Custos qui est styliste, et je pense qu’en documentant tous ces talents, on arrivera à rayonner encore plus.


Mathilde Mouss : De nombreux médias indépendants ont vu le jour et axent leur contenu sur la musique antillaise, est-ce suffisant à ton sens ?

Shorty : Ce n’est pas suffisant, mais internet et les réseaux sociaux ont permis de démontrer qu’une culture, qui a souvent été présentée comme une « sous culture » était en fait la plus pratiquée. L’impact des cultures urbaines est énorme et cela est forcément positif. Il y a donc des médias différents, avec différents tons, différents axes et ça tend à couvrir tous les aspects de ces pratiques !


Mathilde Mouss : Loxymore a récemment fêté la 100ième interview, exceptionnellement tu étais l’invité et l’interview a été menée par Mak Paro. Comment t’es tu senti en étant « de l’autre côté » ?

Shorty : C’était un exercice particulier. J’ai joué le jeu en ne préparant pas l’interview et en faisant confiance à Mak Paro, et c’est vrai que c’est délicat de parler de soi sur un long format, de développer et d’organiser sa pensée !





Mathilde Mouss : Comment as-tu connu Mak Paro ?

Shorty : Je ne me rappelle pas exactement mais je sais que j’avais été invité à une de ses émissions, à Cergy (très loin pour ceux qui connaissent) et j’avais été surpris par la justesse de son interview, il connaissait son sujet et menait à la perfection les interviews !


Chaque One Shot a son histoire et ce n’est pas totalement faux.

Mathilde Mouss : Quelle interview t’a le plus marqué et pourquoi ?

Shorty : Souvent je dis que chaque interview ou chaque One Shot a son histoire et ce n’est pas totalement faux. Maintenant il y a des artistes de qui je suis plus proche ou avec qui je suis plus à l’aise et du coup, il découle réellement une fluidité de conversation. Maintenant certains artistes étaient moins à l’aise mais avec une vraie bonne foi et en acceptant de se prêter à l’exercice et ça aussi, ça fait plaisir donc j’ai apprécié.


Mathilde Mouss : Souvent on associe Loxymore à toi directement mais peux-tu nous parler des membres de l’équipe Loxymore ?

Shorty : J’ai toujours été accompagné dans la majorité de mes projets. Au début il y avait Julien Canourgues et aujourd’hui il y a toute une équipe. Je salue les membres de 88 et mes associés Chloé et Julien qui acceptent de supporter le projet ! D’un point de vue technique il y a Ludo Fotogwaf et Alex qui se donnent également à fond et sans qui les choses n’auraient pas été possibles sous cette forme !


Mathilde Mouss : Qui décide du contenu ?

Shorty : Je suis en quelque sorte Chef de projet sur le dossier mais on discute ensemble un peu avec tout le monde, on brainstorm et parfois aussi certains artistes se proposent ! Il s’agit de proposer un contenu varié, homogène et complet de la scène urbaine en essayant de ne pas s’enfermer dans un style : pas uniquement rap, dancehall, pas que des hommes etc etc…


Mathilde Mouss : Peut-on parler de One Shot, raconte-nous les débuts de cette émission culte ?

Shorty : J’ai connu une période très axée sur l’énergie, les freestyles, pas tellement les sounds systèms mais quand même un truc live. Un côté énergique qu’on ne retrouve pas en musique studio. J’ai toujours aimé cet aspect et il fallait un format de musique pure, court qui puisse trancher avec les interviews longues et « techniques ». Il y a évidemment une influence des formats actuels mais c’était déjà quelque chose que j’avais fait depuis 2013 sous une forme un peu différente. De plus j’ai tenu à rajouter l’aspect One Shot et l’identité visuelle de Loxymore.


Les One Shots sont tous uniques dans le sens où il arrive souvent qu’on ne connaisse pas le morceau qui va être interprété.

Mathilde Mouss : As-tu un One Shot préféré ? Lequel et pourquoi ?

Shorty : Même réponse que pour les interviews, les One Shots sont tous uniques dans le sens où il arrive souvent qu’on ne connaisse pas le morceau qui va être interprété. Donc il y a un mélange de bonne ambiance et de surprise et donc toujours de bonnes histoires.


Mathilde Mouss : 2020 a été particulier. Comment as-tu pu gérer la création de contenu avec les mesures sanitaires ?

Shorty : Nous avons un processus de création qui fait que nous enregistrons du contenu en quantité que nous publions ensuite au fur et à mesure. Ainsi, en ce qui concerne Loxymore, nous n’avons pas été particulièrement affectés. C’est par la suite que nous avons dû adapter les sessions de tournage pour protéger tout le monde.


Mathilde Mouss : A quoi peut-on s’attendre pour 2021, quels sont les projets de Loxymore ?

Shorty : Nous avons sorti le pilote de notre nouvelle émission Loxymore Draft animée par Nathy qui est pétillante et très pointue sur la nouvelle scène, nous recherchons ainsi des partenaires pour participer à développer ce format dédié aux nouveaux talents.


Mathilde Mouss : Tu travailles également avec l’agence 88, peux-tu nous parler des débuts de cette aventure ?

Shorty : J'ai beaucoup communiqué sur mes projets au sein de l’association Horidom, de mes projets Peyiz’art ou encore de la carrière d’artiste de NDX. Ces expériences m’ont poussé à proposer à Chloé de devenir mon associée sur une agence de communication qu’on baserait en Guadeloupe. C’était en 2015 et aujourd’hui nous avons été rejoints par Julien Floro et Alexis Onestas !


Mathilde Mouss : Quel projet sorti en 2021 t’a marqué, et pourquoi ?

Shorty : Je suis très enthousiaste, à chaque sortie. J’écoute et je suis « Whaou, c’est incroyable » jusqu’à la prochaine mais en rap Kréyol j’aime beaucoup Eighty de Martinique, Bruce Little. En rap Fr, j’adore le rappeur Isha. C’est ce qui m’est venu là mais ça varie au gré des sorties et j’aime beaucoup la dynamique actuelle !


Mathilde Mouss : Parlons de tes influences musicales, quel(s) artiste(s) écoutes-tu le plus ?

Shorty : J’écoute le plus régulièrement des rappeurs Français et des sons pour lesquels le côté nostalgie joue beaucoup. Ca me rappelle des périodes, des époques et ça changera pas je pense. J’ai des playlists privées lol.


Mathilde Mouss : Un dernier mot aux lecteurs ?

Shorty : Merci Afrokarib, continue le travail et si tu t’épanouies dedans, ne lâche rien ! Pour tous les lecteurs, je vous encourage à trouver ce qui vous anime, et à vous jeter dedans lol ! Force !


Merci à Shorty pour sa disponibilité et son enthousiasme !



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